Qui suis-je, qu’un amas de cellules, d’ions et de protons ?
Qui suis-je, que le vide qui est en moi ?
Qui suis-je, que l’énergie qui traverse ce vide en vibrillonnant ?
Se laisser traverser par tout ce qui se présente….
Qui suis-je, qu’un amas de cellules, d’ions et de protons ?
Qui suis-je, que le vide qui est en moi ?
Qui suis-je, que l’énergie qui traverse ce vide en vibrillonnant ?
Se laisser traverser par tout ce qui se présente….
petit poème gratiné
Ce matin en me réveillant,
j’avais un trou dans le mental
j’ai entendu un brie qui court …
Serait-ce encore ce fichu thème de gruyère ?
J’ai cherché un coin de ciel bleu d’Ecosse
remis dans l’âtre une bûchette de mi-sec
ai lâché un crottin de Sèvres
lissé mon plumage de brebis
me suis remémoré cette soirée vacherin chouette
hier après l’ascension du Mont d’or
où l’on n’a pas comté ses efforts
J’ai tiré la langue à la tâche-qui-rit
sur la table, une poule de mozarelle
m’a pondu quelques olivets
Pour ne pas confronter la cruelle-des-champs
j’ai fui dans la brousse-aux-herbes-de-morse
j’ai couru comme une folle, hé, poisse !
car ici les camemberts sont rudes
– on se caillait la meule des alpes –
bref, j’ai croisé un fort beau roquet
qui chantait un cantal de Bach
comme un boursin mal léché
Par ce froid – un vrai concours de caillotte –
il faisait un reblochon de sa voix
et n’en finissait pas de se raclette la gorge
J’ai prié : soignon-nous bien !
et des livarots-nous du mal
C’était au jour de la saint-nectaire
les cloches sonnaient à toute Vully,
rouges comme les fourmis
qui convergeaient vers Ambert
Pardou ! pour un soufflé dans la corne d’abondance
j’aurais donné mon coeur de chèvre
Voulant lancer un pavé du Larzac (je me marre)
à peine Zeller était-il sorti
que j’avisai un grand gouda au cul mince
et me saisis d’une clé à mimolette –
à défaut d’une volée de chevrotine –
(j’m’en vas te me l’bichonnet çui-là, me dis-je)
pour le réduire en fromage frappé
mais surtout parmesan à personne !
(car malgré le volume de ses tommes
je n’ai jamais aimé ce mormon de Zola)
La suite ne manque pas de piquant
j’ai replongé dans le bouillon
et pour garder la serpette froide
j’ai décidé d’éplucher des savattes
d’y ajouter des champs de pignons sautés
quelques marottes râpées
avec une belle tronche de pain
un filet digne d’Ovide
quelques crins de poivre
une pincée de fiel
et le four est joué !
Voilà de quoi me faire cuire un boeuf
m’en mettre plein la trempe
me régaler d’une triphasée de museaux
je m’en pourlèche déjà les salines
le tout arrosé d’un demi-pitre de cidre
et assaisonné d’une delphine-aigrette !
(c) D.Marie
photo getty images
Lisez en écoutant :
Balbutiements de la lune
aigre cri de la mouette
flux et reflux du temps perdu
temps présent sur la corde raide
le monde s’effondre et se déglingue
reflets nacrés sur le mazout
à coeur vaillant rien d’impossible
(c) DM 2023
haïkus napolitains
Lisez en écoutant :
« Napule è » (Pino Daniele & Eric Clapton)
https://music.youtube.com/watch?v=iZlO0R6AbiU
Ruelles d’ombre et de vent
où rarement le soleil descend
tranchant dans le cœur de la ville
comme une saignée

San Gennaro,
penses-tu vraiment
qu’il existe une réponse
à chacun de nos problèmes ?
Et peux-tu nous guider,
nous libérer de nos peines ?
Golfe étincelant
aux accents chantants
dont les rives se baignent
contre nos rires
d’or et de rose

Vierge lumineuse
ton sourire s’est éteint
sous les balafres du monde
mais ta force rayonne
à travers tous ceux
dont tu perces le regard
Tout ce chaos criard
grouillant de vies multiples
et, au milieu,
une rose, offerte
par un serveur aux dents gâtées
Tables, passants, motos, vespas,
un taxi zigzague dans le labyrinthe
sur son passage la vie s’éparpille
éclaboussures de rires et de cris
Sur la rive absente du golfe
un homme attend son amour aux yeux verts
elle est partie loin, très loin
dans les remous des vaguelettes
un visage se dessine
en transparence
celui d’une histoire
sans fond, sans fin
La mer ne sent plus rien
ni les cris des oiseaux
dont le son s’étouffe
dans le silence profond
que rien ne perce
pas même le tumulte de la ville
Alluvions, cendres,
couches après couches de cités
allées pavées, thermes,
labyrinthes effondrés
lieux de cultes engloutis
foulés par des milliers de pieds
il y a des milliers d’années
Vestiges fragiles, presque risibles
d’une brillance éteinte
d’une gloire disparue
comme celle d’aujourd’hui,
dans son inutile vanité
le sera un jour
Clin d’œil de l’histoire
d’où des milliers d’yeux nous regardent
par un trou entre deux pierres
Splendeurs des puissants
misérables aspirations des faibles
merveilles des civilisations
stratifiées dans les collines
vague après vague d’habitants
arrivant de la mer
Dans les ruelles profondes
aux odeurs de poisson et de citron
s’élèvent des clameurs
s’envolent des douleurs
s’effondrent des illusions
se réveillent des bonheurs…
et se prend le pouls de Naples.
Au bord du Pô
Tendre saule vert de printemps
tes branches souples au vent
laissent filtrer la lumière
tout en m’enlaçant
Saule gai et vivant
tes bras de vent
soufflent sur mes cils
un parfum d’éternité !
(c) Delphine Marie textes et photos
Ferme tes yeux, tes oreilles aux horreurs du monde
plonge en-dedans
regarde la merveille qu’est la vie en toi …
respire, respire, respire,
ne te laisse pas abattre
la seule chose qui compte
c’est l’étincelle en toi
qui vit, qui brille, qui rayonne
et qui porte en elle
le germe d’un monde futur,
d’un monde meilleur
Fais grandir cette graine,
jour après jour,
patience dans l’azur …
arrose-la, nourris-la, parle-lui tendrement,
donne lui de l’amour,
assure-toi qu’elle n’a pas froid
ni trop chaud, ni trop au sec
prends soin d’elle comme un nouveau-né
fragile et tout plein de l’espérance qu’il porte
Ecoute cette petite voix discrète en toi
celle qui te dit de ne pas baisser les bras
celle qui te donne la force
de sourire et de chanter, encore …
Qui est chaleur, qui est lumière
cette petite flamme au fond de ton coeur
qui se redresse après chaque tempête
Il n’y a que l’instant qui compte
et en lui réside le pouvoir de l’atome
celui de faire tout imploser
et changer la façon dont est conduit le monde
Ecoute cette petite voix,
pardonne, rayonne, rassemble tes souvenirs
Fais de ta vie une danse
gère tes échecs, tes déprimes
réjouis toi de tes succès
brille de ton feu sans vouloir écraser quiconque
respecte la voix de chacun
et son apport au monde
assume et continue ta route
le regard droit
la démarche sûre
l’aura d’amour qui te protège autour de toi
chaque instant est précieux
et porte en lui le germe d’un avenir radieux
Tu as le choix d’être heureux
Les nuages se clairsèment et le ciel réapparaît
Un instant il est bleu,
l’instant d’après blanc comme le lait
Une goutte tournoie dans un éclair de vent
J’observe ma voix qui la suit en dansant
Un carré de TGV où 4 femmes se lisent
et se répondent dans le silence de leurs vies en filigrane
des regards noisette, bleus ou soubise…
qui s’éclairent quand le soleil s’invite
se font et se défont
se croisent et se décroisent
dans un soupir retenu qui plane
sur leurs lèvres sans jamais éclore complètement
Baisers d’hiver qui brisent leurs chaînes et jamais ne désespèrent de trouver une joue sur laquelle se poser
La vie a des surprises qui nous ramènent sans détour au flot du jour
La vie a de ces détours qui nous prennent par surprise la douceur peut entrer par chaque pore au moment où on s’y attend le moins
La vie a de ces pauses cacahuètes qui sonnent comme un clairon lorsque notre cœur est ouvert à la fête
Mon cœur a la fragilité d’une fleurette frémissant dans les pétales du vent
un jour le vent d’ouest le retourne une autre fois c’est le vent du nord froid et distant qui le saisit vent du sud et il chante des flamencos vent d’est il rentre dans son for intérieur pour explorer ses grandes steppes
(c) DM
Les jours poussent tout doucement, sans faire de bruit. Ils poussent et grandissent et traversent l’ombre de la terre, pour émerger, minuscule tige vert tendre, de l’autre côté du bonheur.
En fragile équilibre sur deux notes tendues, une bulle d’air se rappelle qu’elle existe, qu’elle peut nourrir et se nourrir de tout ce qui est vivant.
Ecrire, c’est donner sa voix au monde pour qu’il chante à l’unisson. C’est offrir en partage, ce que l’on a de bon, de beau, de solide, de calme et d’ancré en soi. Le bourgeon qui lentement se déplie, promesse de beauté future épanouie.
(c) DM
Noces délicates de la fleur et du vent
De l’ardeur et du sang
La bonheur comme un gant
Clameur nocturne insensée
Je ne sais rien je ne veux rien
Je ne sais rien
Je ne sais rien
Que le souffle des vagues, la tendresse du vent
Je ne veux rien
Que le brin de soleil qui joue dans mes cheveux
Je ne sais rien
Que le parfum de sable qui se donne à moitié
Et la note du temps
Et le regard amoureux que la nature pose sur moi
Je ne sais rien mais je sais
Que la fin d’une étoile est le début d’une autre
(c) DM