Petit reportage sonore sur ma première rencontre avec les baleines
Calez-vous dans un bon fauteuil;
fermez les yeux,
sentez le vent du large qui fouette vos cheveux,
respirez profondément l’odeur d’iode,
goûtez le sel sur vos lèvres …
et lancez cette piste sonore de 11 minutes et quelques secondes,
laissez-vous porter…
et scrutons ensemble les replis de chaque vague et l’immensité mouvante et déserte, bleue mouchetée de blanc, de vert et de taches brun sombre ou violettes,
à la rencontre de ces gentils monstres marins : les baleines franches de l’Atlantique Sud !
Nous sommes au mois d’octobre, à Hermanus, sur la côte sud de l’Afrique du Sud, face à l’Océan Atlantique – où les baleines viennent se reproduire chaque année.
(non loin du cap des Aiguilles que l’on considère comme point de passage officiel entre l’Océan Atlantique et l’Océan Indien, même si ce point peut varier selon les fantaisies saisonnières du courant des Aiguilles et de celui de Benguela)
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àtoutallure
photo D. Marie, le sentier côtier d’Hermanus, oct. 2024
Faut-il penser Quand le jour efface les étoiles, Qu’entre deux mondes il n’y a rien ? Et si, dans le moment fugace qui les relie, Se trouvait la réponse, l’Infini ? Ne pas se laisser prendre aux griffes du Temps, Piéger dans la toile de l’Espace ? Comment raviver les mémoires du passé Qui s’estompent Comme les étoiles au matin ? Mais les étoiles existent toujours Elles ne sont qu’en attente, en sommeil, En latence, illusion de mouvement Elles semblent tourbillonner autour de la terre Inconscientes de leur propre danse, volcaniques, Patientes, elles attendent leur moment L’heure de leur retour en gloire Dans un ciel éberlué Qui les accueille sur son drap Sombre et de velours satiné Entre ce moment-ci et celui-là A l’heure où un monde bascule Il y a une infinité de possibles Un grand trou béant et immense Plein de nos espoirs et nos larmes Il suffit de lever le voile Et regarder l’instant passer
à Jordan, ami parti
juin 2024
photo Jerome Avonde (fb), Côte de granit rose, mai 2024
Soir d’été ; avant l’arrivée des grandes transhumances… les journées n’en finissent plus de mourir, l’air est intact, comme au premier jour. Chaque bruit semble filtré par un coussin d’azur si pur… tout est ralenti, heureux, obéissant à la simple loi de la lumière et de l’ombre. Le doré du soleil se pose sur les reliefs comme une caresse, et entame un entêtant déclin.
La mer est presque absente, discrète, en retrait, ondulant d’à peine une ride au bord de ses lèvres gelées. Au loin, quelques jeunes, un vélo, un ballon. Le regard ne sachant qu’embrasser en premier, se rétracte, laisse tomber l’habituelle avidité, cherche à l’intérieur les clés du mystère.
Le sable devient palette d’un peintre, chaque repli enfouit une histoire, un moment de la journée.
L’escalier pourrait descendre vers ce monde inavoué, mais il peut aussi monter. Il symbolise le passage, de la terre à la mer, de la force vers l’abandon, du matériel vers le non-dit, le libre, l’essentiel.
Sur son flanc, le lichen rougeoyant parle de mémoires de tempêtes.