Dans la beauté tout s’achève
dans le froid tout se suspend
dans la neige tout est limpide
dans le givre tout est contenu
dans un sourire tout est dit
DM jan 2026
Dans la beauté tout s’achève
dans le froid tout se suspend
dans la neige tout est limpide
dans le givre tout est contenu
dans un sourire tout est dit
DM jan 2026
Je vous souhaite…
De la présence et de l’espace
de la musique et du silence
de la passion et de la patience
de l’allégresse et de la tristesse
de l’action et de l’ennui
de la joie, de la léthargie
du soleil et puis de l’ombre
des nuages roses et puis des ciels sombres
de la pluie et puis de la poussière
des orages et de la lumière
de l’amour et de l’indifférence
des projets et du repos
bref, tout ce qui fait la vie…
De la glace et puis un poêle chaud
des renards et puis des oiseaux
des chats, des chiens, des bestiaux
des lionnes, des chacals et des bourricots
persévérance, abandon
abondance, sobriété
partage, solitude
art, intériorité
du cocooning et des voyages
de la poésie et du repassage
du familier et du renouveau
de la grâce… de la résignation
de l’allant… et du renoncement
un peu de ceci, beaucoup de cela
que vous remplirez pour moi
bref, tout ce que la vie nous offre
À accueillir sans réticence
dans un monde chargé d’injonctions
laisser passer les quatre-vents
par les failles de notre armure
par tous les interstices et fissures
les planches disjointes de nos murs
les quatre-vents et leurs bataillons
guerriers harnachés comme pour l’ouragan
vent d’est, guilleret et cinglant
réveil-matin ébouriffant
vent du sud, chaud bouillonnant
gai lutin aux parfums ardents
vent d’ouest, chargé d’aventure
porteur d’horizons lointains
écho de nos rêves les plus fous
bise du nord, glaciale et libératrice
qui nettoie notre ciel mental
Que vous soyez pauvres ou nobles
laissez le monde vous façonner
à l’image de ses transfigurations
soyez rose des sables ciselée aux quatre-vents
rosaces brodées de givre par les cinq éléments
au petit matin cinglant
boussole folle trouvant son repère au firmament
girouette pompette et fière attitude
face au grand souffle moutonnant
soyez tout cela et bien d’autres choses encore
la dune aux contours exquis dessinés par le vent
la vague échevelée qui s’éteint dans un ruissellement
le nuage pourchassé de démons imaginaires
les anges et leurs trompettes alignés
la petite pluie qui sans un mot pénètre la terre
le gargouillis de la source
le crissement des feuilles sous le pied
le cri du renard au soir
l’éclat des constellations
le grésillement des étoiles
l’étoile filante qu’on guette et qui surprend
le pépiement des oiseaux qui s’ébrouent au matin
la primevère qui déjà s’ouvre en décembre
le parfum du lilas et jasmin
l’eau de source dans la bouche
le champs qui ondule sous sa chevelure d’or
soyez tout cela et bien plus encore
Le cœur qui tressaille à la moindre beauté
la lune et ses mille visages
le soleil et ses rayons ardents
la nuit le jour et tout l’univers
la vie qui vient, qui va, qui renaît
Je vous souhaite d’être tout cela…
(c) DM
Bonne et Heureuse Année 2026 !!
Le soir descend, lentement
et range les affaires du ciel
en gros paquets haletants
Le vent lisse ses plumes vertes
et caresse les pentes sombres
qui s’abîment, englouties dans l’ombre
L’air humide et froid
se pose contre ma joue, maigre récompense
y dépose un baiser de givre
Le jour luisant de pluie qui a déroulé
ses longs bras incadescents
en profite pour faire sa pirouette
Entre en scène une torpeur languide
hébétante comme un grand vide
où sonne le souvenir d’un air de clarinette
La vie est truffée de petits miracles
qui ne demandent qu’à se manifester
Joyeux Noël !

Sur ces photos Genève
la riche la pompeuse
s’estompe
en quelques traits de lumière furtifs
au hasard des mouvements de mon poing
je me fais un doux plaisir
de la barbouiller
je m’accroche
à ces puits de lumière
sans aucune signification
floutée dans la nuit d’hiver
elle a perdu de sa superbe
le jet d’eau
n’est plus qu’une illusion
Genève n’est plus qu’un enchevêtrement
de courbes, de formes, de lignes et de lumières
évanescentes
plus que géométrie
sans nom, sans sens précis,
sans même un horizon
on devine quelques vies sous la pluie
à peine une émotion
éphémère et futile
dans le chaos du temps
la ville et son lac
ne sont plus que murmures
froissés, distants,
incohérents
Cliquez sur les flèches pour visionner le diaparama :
(c) D. Marie images 2009 texte 2024
petit poème gratiné
Ce matin en me réveillant,
j’avais un trou dans le mental
j’ai entendu un brie qui court …
Serait-ce encore ce fichu thème de gruyère ?
J’ai cherché un coin de ciel bleu d’Ecosse
remis dans l’âtre une bûchette de mi-sec
ai lâché un crottin de Sèvres
lissé mon plumage de brebis
me suis remémoré cette soirée vacherin chouette
hier après l’ascension du Mont d’or
où l’on n’a pas comté ses efforts
J’ai tiré la langue à la tâche-qui-rit
sur la table, une poule de mozarelle
m’a pondu quelques olivets
Pour ne pas confronter la cruelle-des-champs
j’ai fui dans la brousse-aux-herbes-de-morse
j’ai couru comme une folle, hé, poisse !
car ici les camemberts sont rudes
– on se caillait la meule des alpes –
bref, j’ai croisé un fort beau roquet
qui chantait un cantal de Bach
comme un boursin mal léché
Par ce froid – un vrai concours de caillotte –
il faisait un reblochon de sa voix
et n’en finissait pas de se raclette la gorge
J’ai prié : soignon-nous bien !
et des livarots-nous du mal
C’était au jour de la saint-nectaire
les cloches sonnaient à toute Vully,
rouges comme les fourmis
qui convergeaient vers Ambert
Pardou ! pour un soufflé dans la corne d’abondance
j’aurais donné mon coeur de chèvre
Voulant lancer un pavé du Larzac (je me marre)
à peine Zeller était-il sorti
que j’avisai un grand gouda au cul mince
et me saisis d’une clé à mimolette –
à défaut d’une volée de chevrotine –
(j’m’en vas te me l’bichonnet çui-là, me dis-je)
pour le réduire en fromage frappé
mais surtout parmesan à personne !
(car malgré le volume de ses tommes
je n’ai jamais aimé ce mormon de Zola)
La suite ne manque pas de piquant
j’ai replongé dans le bouillon
et pour garder la serpette froide
j’ai décidé d’éplucher des savattes
d’y ajouter des champs de pignons sautés
quelques marottes râpées
avec une belle tronche de pain
un filet digne d’Ovide
quelques crins de poivre
une pincée de fiel
et le four est joué !
Voilà de quoi me faire cuire un boeuf
m’en mettre plein la trempe
me régaler d’une triphasée de museaux
je m’en pourlèche déjà les salines
le tout arrosé d’un demi-pitre de cidre
et assaisonné d’une delphine-aigrette !
(c) D.Marie
photo getty images
La nuit souffle fort ce que les hommes pensent tout bas
La nuit désespère de voir jamais le jour
La nuit se répand en mille bruissements,
mille symphonies, milles voix inconnues
La nuit sème le doute et récolte les promesses
La nuit se dit qu’un jour
elle étreindra sa propre incandescence
faisant boire les femmes, les hommes,
au liquide nacré de sa sainte opulence
Elle se consumera,
traînard attardé qui s’éloigne en dansant,
tirant avec lui les fils du dernier mirage
Elle fermera les yeux ; elle oubliera les cieux
elle oubliera les temps où elle était aux dieux
ce que les dieux sont aux humains
Elle se fera belle comme le jour,
ourlée de luminosité ardente
embrassant la lune et tous ses trésors
Elle ira par les jardins,
pénètrera les failles des murs écorchés,
soupirera dans les creux aux soleils inondés
Par des voies alambiquées, elle se glissera
partout où veut germer la graine
Elle ouvrira des cœurs
et fermera des comptes
Elle verra dans les yeux de ceux qui la vénèrent
un reflet mordoré
qu’elle n’ira point mendier
Elle se rendra,
elle baissera les armes
et ses bras deviendront
fleuves de sel
et bouquets
La nuit se fera belle et deviendra Jour.
(c) DM
Il y a une joie secrète à voir arriver la neige
Une joie d’enfance
Une joie de pas feutrés et de soleils timides
Une joie de Noëls en paix
avant la grande Adolescence et ses réveils brutaux
Une joie de petite fille mêlée d’excitation
A voir poindre son nez la saison bien-aimée
Saison des lueurs, des guirlandes et du calfeutrage
Des boules de neige et des gâteaux aux marrons
Il y a dans la tranquillité de l’espace blanc une zone de réconfort
Une garantie de survie
Un apaisement des sens
Comme si la couverture ainsi généreusement déployée
Recouvrait tous mes maux et instaurait la trêve
Promesse de renouveau cachée fort à propos
Sous ce voile scintillant
Il y a dans le clin d’œil du rayon de soleil
Sur la campagne médusée de silence
Une illumination, éphémère et poignante
Dans l’étonnant jeu de forces au ciel narquois
Trouées bleutées et nuages filant bas
Un radieux message
Et dans le soir mulâtre qui s’annonce déjà
Dans les bourrasques dures et dans les yeux des chats
Il y a néanmoins quelque chose d’affable
Dans les paquets de neige qui glissent de mon toit
Le désolant goutte à goutte qui marque la fin du froid
Un accord tacite, une pâle consigne
Qui dit que tout est dans l’Ordre des choses
Et qu’il ne tient qu’à nous d’en connaître les Lois.