Vivre sans souffrance

Quand nous venons au monde, page blanche quasi-immaculée,

Nos yeux d’enfants grands ouverts s’émerveillent

Baignant dans l’unité encore palpable,

Amour et beautés du monde nous enveloppent et nous comblent…

Et puis viennent les premières crispations, nous éprouvons douleur, impuissance, frustration, incompréhension

L’apprentissage de la vie se fait dans la joie et dans la douleur

Tout l’art de grandir en amour et en sagesse

Consiste à devenir plus grand, plus fort que la souffrance

Et la contenir dans notre expérience

Déraciner les causes profondes de la souffrance

L’avidité, la peur, la comparaison, le désir de puissance

Vouloir être quelqu’un à tout prix…

A l’inverse, ouvrir les vannes de la lumière qui vient combler tout manque

Dépasser les douleurs de l’enfance et celles héritées

Inviter la joie limpide et liquide à couler dans nos veines

La chérir et la dorloter comme un joyau chatoyant

C’est à ce prix que nous devenons de vrais êtres vivants

Vivre sans souffrance est possible

Ou pour le moins la réduire

Sans trop de compromission

Sur un chemin d’évolution et de pardon

Où l’amertume n’a pas de place

Où chaque bonheur est pierre d’angle,

Chaque douleur clé de voûte

Fragile et éternelle, magnifiant la lumière

Chaque heureuse rencontre est petite flamme,

Nouvelle couleur à notre vitrail vibrant.

(c) DM décembre 2025

Clarté

Dans la confusion du monde

brille une lueur de sainteté

Sois la lumière qui éclaire au-devant

de toi, la prière qui libère au-dedans

Dans le chaos du monde

flotte un parfum de liberté

une bouée de sauvetage

un chant d’été sur le rivage

Dans le tumulte des idées

suis le fil de lucidité

Tranche l’inutile et la saleté

laisse une écume de pureté

Au milieu de l’ombre tapie

chante l’amour célèbre la vie

Avance sans crainte sur ton chemin

guidé par les anges et les saints

Tu n’es pas seul ; prends ma main…

Croque la vie à belles dents

Ecarte-toi des malfaisants

Dans le sillage de tes choix

Trace le sillon de ta voix !

DM (c) texte et dessin

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Courbes

Puisqu’on a jamais fini de guérir ses blessures

et puisque guérir c’est chaque fois un peu mourir à soi

ici comme le ciel passionnément rejoint la terre

et l’enlace

et l’embrasse

il n’y a que ce baiser-là d’important

ce baiser d’un instant

(c) DM automne 2025

La fête du four de Lilignod

Chaque année, de nombreuses communes du Valromey, comme ailleurs dans le Bugey, font chauffer le temps d’une fin de semaine leur ancien four communal pour vivre un moment de convivialité entre habitants et confectionner des tartes salées (oignons, noix) ou sucrées traditionnelles ou des pizzas. Celles-ci sont vendues aux passants et aux visiteurs lors d’une journée de manifestations qui comprennent généralement l’incontournable buvette et parfois une animation musicale.

Ces fours étaient taditionnellement appelés four banaux : chaque commune et même chaque village et hameau du Bugey détient en général un four banal, hérité des temps médiévaux où les seigneurs, en échange de leur protection, prélevaient un ban, soit un dû, sur les pains cuits par les fourniers, les boulangers de village, pour le compte des villageois. Chaque famille apportait son pain à cuire et la grosse bûche de bois pour le cuire. Le plus souvent cette redevance était prélevée sous forme de miches de pains ; le seigneur en contrepartie se devait également d’entretenir le four et le chemin qui y menait.

On cuisait le pain pour la semaine ou pour la quinzaine, de grosses miches avec une croûte bien épaisse pour lui assurer une longue conservation. Les fours banaux constituent le patrimoine le plus caractéristique de la région du Bugey, avec les travails à ferrer les boeufs et les chevaux, les puits, les lavoirs et les chapelles.

Les fours banaux du Bugey sont un héritage à la fois architectural et humain qui reprennent vie depuis quelques décennies grâce aux habitants des villages, à des associations ou des cercles faisant revivre le patrimoine lors d’une fête de village intitulée ‘fête du four’. C’est le cas à Lilignod, un hameau de Champagne-en-Valromey dans l’Ain, où le Cercle Regain a repris cette tradition.

Lilignod a eu la chance d’avoir pendant de longues années un boulanger traditionnel qui fabriquait et cuisait dans son four à pain personnel du pain traditionnel artisanal au levain, cuit au feu de bois. Ce dernier participe à la fête du village en confectionnant la veille la pâte pour les pizzas et les tartes au sucre de la fête du four, qui va lever pendant la nuit, ce qui confère à ces gourmandises une qualité particulière. Tous les habitants se lèvent à 4h du matin pour étaler les pâtons et garnir les tartes au sucre de beurre et de sucre, et les pizzas d’une délicieuse sauce tomate et oignon maison confectionnée par une habitante ancienne restauratrice ainsi que d’autres produits locaux : beurre de la fruitière du Valromey, jambon des élevages proches, etc. Les gaillards quant à eux se mettent au feu de bois dès le jeudi soir afin que le four soit bien chaud dans toute sa masse pour la cuisson du samedi, puis enfournent et défournent dès 7h le matin. Déguster ces tartes et pizzas chaudes sorties du four est un véritable délice…

Samedi 13 septembre 2025 : fête du four à Lilignod (Valromey)

diaporama, cliquer sur les flèches pour faire défiler

Voir aussi, sur le patrimoine du Valromey et du Bugey :

https://nathie01300.eklablog.com/le-valromey-p398874

Et sur l’histoire locale des fours à pain :

https://cheignieu-la-balme.over-blog.com/article-les-fours-a-pain-du-bugey-114821899.html

(c) D. Marie septembre 2025

Illuminations

Hier soir, après l’averse, un ballet de lucioles s’est déployé sous nos yeux ébahis :

au ciel noir, marbré de bleu sombre et de gris,

vivantes comme des yeux, entre les taches de nuages,

des étoiles intermittentes faisaient leur spectacle ;

sur les talus luisants de pluie,

petites guirlandes chinoises clignotantes

qui nous faisaient des clins d’oeil, encore tout engourdis,

des vers luisants par dizaines, fourbissant leurs lampions pour éclairer la nuit !

DM (c) sept. 2025

Je suis partout

Je suis dans la goutte tremblante au bord d’une feuille

je suis dans l’éclair

dans la voix qui clame ou réconforte

dans la fleur et l’arbre

Je suis dans l’espace lointain

dans les cîmes, dans le cristal

des neiges éternelles

je suis dans l’arc-en-ciel

et au fond des océans

Je suis sur la banquise

dans la forêt amazonienne

dans les atholls et dans les nuages

au-delà des nuages aussi

je suis

Dans les entrailles de la terre

dans la lave du volcan

je suis dans le vent qui hurle

dans la spirale

dans l’escargot

dans le métal et dans le feu

je suis dans l’aiguille de pin

dans l’étoile aux confins de l’univers

je suis dans la pierre

dans l’eau vive qui jaillit

je suis dans la biche, le lapin

le cerf, l’ours et le renard

Je suis dans l’amour

dans la joie

dans les pleurs et la détresse

je suis dans les chutes vertigineuses

dans le vide

dans le silence et dans l’absence

Je suis dans le brin d’herbe

dans la noirceur et la lumière

je suis dans la nuit

dans l’aurore spectaculaire

je suis dans les os, dans le sang

dans les profondeurs du cœur

je suis dans ce corps

qui aime, qui souffre et qui rit

je suis Cela

(c) DM avril 2025

Un jardin dans le Karoo

1–2 minutes

C’est un jardin venteux,

tout orné de fleurs sauvages,

empli de chants d’oiseaux exotiques

Le soleil y est généreux

tombant de biais par la fenêtre ouverte

d’un ciel lesté de nuages de plomb

Le silence seulement percé

par les rafales de vent

arrachant des lambeaux d’écorce au printemps

La nuit, une traînée de pluie et d’air glacial

a fait saigner des sillons de mémoire vive

et les souvenirs se carambolent

Tout n’était-il que danse ?

À quel moment s’est-elle figée,

quand le danseur a-t-il trébuché ?

Un faux pas ébauché,

un grain de sable dans les rouages

le mobile déséquilibré …

Et la vie s’est emballée,

le danseur a perdu de sa superbe

les sanglots ont creusé des rigoles, des fossés

Au fond le bal est si simple

lorsque le danseur est en rythme

toute la scène rentre dans l’ordre

Comme ce jardin frêle et innocent

limpide et si charmant

qu’il en émane l’envie de tout recommencer

On ne se renie plus.

(C) DM, septembre 2024, Afrique du Sud

Passage

Faut-il penser
Quand le jour efface les étoiles,
Qu’entre deux mondes il n’y a rien ?
Et si, dans le moment fugace qui les relie,
Se trouvait la réponse, l’Infini ?
Ne pas se laisser prendre aux griffes du Temps,
Piéger dans la toile de l’Espace ?
Comment raviver les mémoires du passé
Qui s’estompent
Comme les étoiles au matin ?
Mais les étoiles existent toujours
Elles ne sont qu’en attente, en sommeil,
En latence, illusion de mouvement
Elles semblent tourbillonner autour de la terre
Inconscientes de leur propre danse, volcaniques,
Patientes, elles attendent leur moment
L’heure de leur retour en gloire
Dans un ciel éberlué
Qui les accueille sur son drap
Sombre et de velours satiné
Entre ce moment-ci et celui-là
A l’heure où un monde bascule
Il y a une infinité de possibles
Un grand trou béant et immense
Plein de nos espoirs et nos larmes
Il suffit de lever le voile
Et regarder l’instant passer

à Jordan, ami parti

juin 2024

photo Jerome Avonde (fb), Côte de granit rose, mai 2024