Lisez en écoutant :
Balbutiements de la lune
aigre cri de la mouette
flux et reflux du temps perdu
temps présent sur la corde raide
le monde s’effondre et se déglingue
reflets nacrés sur le mazout
à coeur vaillant rien d’impossible
(c) DM 2023
Lisez en écoutant :
Balbutiements de la lune
aigre cri de la mouette
flux et reflux du temps perdu
temps présent sur la corde raide
le monde s’effondre et se déglingue
reflets nacrés sur le mazout
à coeur vaillant rien d’impossible
(c) DM 2023
Les nuages se clairsèment et le ciel réapparaît
Un instant il est bleu,
l’instant d’après blanc comme le lait
Une goutte tournoie dans un éclair de vent
J’observe ma voix qui la suit en dansant
Un carré de TGV où 4 femmes se lisent
et se répondent dans le silence de leurs vies en filigrane
des regards noisette, bleus ou soubise…
qui s’éclairent quand le soleil s’invite
se font et se défont
se croisent et se décroisent
dans un soupir retenu qui plane
sur leurs lèvres sans jamais éclore complètement
Baisers d’hiver qui brisent leurs chaînes et jamais ne désespèrent de trouver une joue sur laquelle se poser
La vie a des surprises qui nous ramènent sans détour au flot du jour
La vie a de ces détours qui nous prennent par surprise la douceur peut entrer par chaque pore au moment où on s’y attend le moins
La vie a de ces pauses cacahuètes qui sonnent comme un clairon lorsque notre cœur est ouvert à la fête
Mon cœur a la fragilité d’une fleurette frémissant dans les pétales du vent
un jour le vent d’ouest le retourne une autre fois c’est le vent du nord froid et distant qui le saisit vent du sud et il chante des flamencos vent d’est il rentre dans son for intérieur pour explorer ses grandes steppes
(c) DM
C’est une large vallée entourée de falaises
ocres, rouges, chocolat
et ombragée d’oliviers
une rivière la traverse
au couchant
les roches s’empourprent de rouge flamboyant
chocolat, cannelle, orange,
rochers de pierre tendre,
façonnés par le vent, la foudre, le gel, le soleil et l’eau
sable blond
où crapahutent léopards, babouins et marmottes
lézards, petites antilopes
où le jour s’écrase en une chaleur tournante
comme dans un fourneau
rochers pulvérisés
chaleur dense rivière cascades et piscines enrochées
vent éclair orage tourbillonnant
horizon tournoyant
le cœur de la terre qui pulse
vallées fertiles et roches desséchées
atomisées sous l’effet du soleil
où alternent
canicules et inondations
où poussent les citrons les mangues les abricots les amandiers et les olives
falaises déchiquetées
buissons piquants aux senteurs acides
herbes citronnées et amères
arbustes aux odeurs de terre
étoiles explosées comme des diamants
nuit pure, vénus incandescente
ciel abondant en légendes anciennes
terre ancestrale des bushmen
peintures évoquant les transes chamaniques
invocation à l’esprit de l’éléphant
pour guérir le monde
les feuilles chantent au murmure du vent
comme des gouttes de pluie
un petit bout de provence un petit goût d’algérie
au bout du monde retrouvés
(Monts aux cèdres, Afrique du Sud, mars 2022)
(c) DM
It is a large valley bordered by sandstone cliffs
shadowed by olive trees
a river runs through it
blocks of rock of potent origin
scissored in lacy designs
by lightning, water, sun, frost and wind
forced into shapes never seen
orange, terra-cotta, cinnamon
and the green, the evergreen of life
the scent of soil and acrid bushes
pungent leaves of thickets
wind sand and scorching rocks
lizards and duikers
ancestral land of the Bushmen
where live the leopard, baboon, antilopes
extreme land
either withered with heat or flooded
where grow the olive, almond, citrus and mango
stars exploding in diamonds
ancestors stories abound
a planet bright as a lighthouse
silence, wind, stars, rock,
sun, moon, water, birds,
river, cascade, hand paintings
rocks carved by the elements
heart of the earth pulsing
beauty beyond all thinking
majestuous features
parchment land, sizzling sandstone
hieratic cliffs
enigma demanding an answer
millions of years engraved in these rugged shapes
proteas, ericas, dassies and butterflies
discreet animal life, programmed to survive
bushes turned into gnarled shapes
colours as vivid as the sky
big skies as blue as the ocean itself
wild ether, unaffected
by the turbulence of humans below
sunsets baking in accomplishment
mountain, steady wall of ochre, red, chocolate
iron filaments in the stone
the elusive presence of the shy cape cobra
weaver birds, guinea fowls,
and the million invisible life
ever struggling for perpetuation
Life, ever evolving, ever transforming itself
mineral reign, animal, vegetal, and human, cohabiting
exchange of the hearts, bleeding with love
echoes of ancient memories
genes pairing and assembling
my genes responding to the call
Inner, irresistible call of blood
cellular coherence, proximity
Life in its kingdoms, ever renewed,
cells responding to each other
Desert call
Silence of the subtle matter
in the wind’s soft murmur
Vibration
Harmony
Life passed on a million years
astral light, merciless heat
rooted soul of the elements
the joy of leaves fluttering in the wind
making the sound of rain drops
windows shut to the scorching afternoon heat
the soft carpet of grass
giving in under the feet
foot imprints shaping the sand
paths of human and animal kind
rock paintings telling stories
of ancient shamanic trance
calling unto the elephant spirit
to come and heal the world
Very old tales told and seen
traces of ancient remedies
memories of past things
lived and gone
I want to stand up and scream : Happiness !!

(Cederberg, South Africa, march 2022)
(c) DM
Cargos, monstres marins qui flottez
sur un monde post-diluvien
qui vous ressemble et que vous animez
de votre présence hiératique
Portes ouvertes sur l’horizon,
sur des lointains chargés de fantasmes,
d’impressions fortes et d’odeurs écœurantes
Le cargo me touche,
le cargo roule et tangue et fait tanguer mes rêves
Le cargo évoque d’autre rivages, d’autres visages
posé là avec ses containers
sa tourelle et son ancrage
en attente d’un acconage
Morceaux choisis et résumés de vie
empilés, amassés, imbriqués tel un jeu pour enfant
conteneurs d’ananas, journaux, meubles et ferrailles
pièces de véhicules, machines à laver, papayes
cartes postales d’un autre temps, d’un autre univers
sous d’autres tropiques et d’autres latitudes
Edifices aux couleurs de rouille
vous voguez, impérieux
au sommet des crêtes et dans le creux des houles
indifférents aux hurlements du vent,
à la furie destructrice de l’océan,
sereins sur les mers d’airain
Parfois à l’abri d’une rade,
en l’attente d’une cargaison,
d’un accostage, d’une nouvelle balade,
vous affourchez, imposants et altiers,
et dans la flamme du jour qui s’estompe,
vous faites miroir aux milles facettes
reflétant les facéties du couchant
Véritables empires flottants
dont les coursives le soir s’illuminent
rappelant que vous êtes aussi une ville
où rient, chantent et boivent des humains
vibrante de leurs espoirs et de leurs tragédies
Quelles sont ces vies que vous portez ?
Et celles que vous desservez ?
Quels trafics, quels déménagements,
quel besoin pour les humains
depuis le début des temps
d’échanger et de commercer ?
Vous êtes posés là, hauts comme des immeubles
énormes et immuables,
et pourtant dérisoires comme tout puissant
qui ignore encore sa déchéance certaine…
Vous évoquez des ports aux structures métalliques
où s’échangent des femmes et des coups de couteaux
des cités des pays aux consonances exotiques,
déserts, détroits, glaciers ou lagunes
des lignes de côte aux contours poétiques
sublimés par notre inconscient voyageur

Dignes d’une aquarelle, d’un trait de pinceau sombre
vous faites appel à nos mémoires communes,
vies antérieures ou gènes ancestraux
portés comme des plaies à l’intérieur de nous
qui n’attendent qu’un clin d’œil pour se libérer
Et une porte s’ouvre, un vent se lève et fait rêver
La poussière s’envole en tourbillons légers
Nous sommes dans un ailleurs de notre psyché
un espace où rien n’ose plus nous entraver
Intouchables, infaillibles,
nous touchons à ces terres lointaines
où tout peut encore être recommencé.
(c) D. Marie
Illustrations : (c) peintures de C. Marie « Vladivostok » et « Helsinki »
Des lumières, des traits et des couleurs
Tout est futile, clinquant, superficiel
Fuite, aveuglement, illusion
Matériel et pourtant tellement irréel
Reflets d’une chimère
Issue du subconscient commun
Nourrie par les egos et la peur des humains
La folie des grandeurs
Et le besoin de tout prévoir et contrôler
Dans une société algorithmée
……..
Et pourtant tout cela
Prêt à s’effondrer
A s’effriter au moindre souffle puissant du Ciel
A la moindre divagation de la Mer
Au moindre frisson du dragon endormi de la Terre

Un coup d’échine et tout s’estompe
Se fracasse, se brise en mille éclats
Et plus rien ne restera
Que poussière, cendres et mystère
Et la nature reprendra ses droits
……..
Pour ne plus rien laisser
Que des vapeurs bleutées
Un ange effarouché
Le claquement d’une aile diaphane
Se tordant dans l’ether saturé
Vestiges d’un rêve agité qui au matin se dissout
Dont les échos seuls demeurent et
Respirant encore un peu
Du dernier souffle des chimères terrassées
……..
Tandis que flottera une odeur de métal
De caoutchouc brûlé et de produits chimiques
Souvenirs de la société engloutie….
(c) DM
Ecoutez en lisant : https://music.youtube.com/watch?v=PZeTKfpFfOI&list=RDAMVM0QFY3SCgUGA
Homme, Femme, Vieillard ou Enfant,
Vivant, décédé ou encore à naître
Que ton Coeur soit pur et lumineux
qu’il éclaire ta route au-devant
et irradie autour de toi
Qu’il soit phare pour les Autres
et pour toi, guide et réconfort,
afin que ton chemin soit joyeux
Que chaque Jour soit comme le Dernier,
beau et bon et bienfaisant
comme un pain chaud sorti du four
Et que ton Cœur se réjouisse
lorsque les étoiles pâlissent
au firmament
Que la Terre soit fertile et nourricière
et notre Mère à tous
Que le Soleil, la Lune et les Etoiles
redeviennent nos parents, nos frères, nos soeurs et nos enfants
Et les éléments, notre levain
Que chaque Cœur vibre d’Amour et se relie au Sans Objet
Cœur de l’Univers, dont il est à la fois Tout et Partie
Que chaque Cœur vibre de Compassion pour tout ce qui est Vivant,
sachant que toute la Création est issue d’un même atome,
du même abîme,
et vibre du même Son originel
Que homme et femme se chérissent et se complètent
et se donnent naissance l’un à l’autre
comme la vigne et le raisin
ou deux sarments d’une tresse
Que tes yeux donnent du sens à ce qu’ils regardent
Et que tu sois béni mille fois en retour
par le regard des Autres sur toi
Que ta bouche chérisse le silence
Et tes oreilles attentives au bruissement des feuilles
au gargouillis de l’eau
au murmure discret des étoiles
Que tes mains caressent sans chercher à saisir
et offrent au Monde ce de quoi tu es fait
Que ta langue, ta peau goûtent à l’Infini
et aspirent à sa Tendresse
Que ton langage soit prière
Que ton Verbe soit Chant,
et qu’il se fasse chair
Que ton respir soit doux comme celui d’un enfant
Tendre ton inspir
Généreux ton expir
Cycle précieux en harmonie
avec la grande respiration de la Terre
Que tes hanches soient souples et ta démarche sûre
Rassurante ta posture et ferme ta direction
Que tes pas te guident où tu es en harmonie
où ton cœur et ton corps palpitent sans faire de vagues,
profonds comme un lac d’altitude
seulement ridé à la surface
par quelque facétie du vent
le frémissement de tes sens
et la Noble expression venue du fond
de tes émotions
Que tes bras accueillent le Grand Mystère
et l’embrassent chaleureusement
Qu’ils reçoivent en retour
le frisson du Vivant
Que ton Esprit soit clair et ta pensée limpide
Que tes pensées, tes paroles et tes actions
résonnent comme un acte d’Amour,
alignées sur le Grand Principe
car chacune d’entre elles
influence le Tout
Que ton plexus soit fort face à l’adversité
et ne daigne ni fléchir ni se décourager
Que ta pratique soit ainsi, simple et dédiée
Que chaque être voie le monde
avec l’âme d’un enfant
dépourvu de toute intention de nuire
Que Notre Cœur vibre à l’unisson
avec le reste de la Création
Que tes yeux enfin scintillent
de toutes les Beautés du monde
qu’ils reflètent l’effervescence de ton Cœur
ils seront un signe de ta Joie d’être en Vie
Reçois la vie à pleines mains
et les bénédictions seront légions.
(c) DM novembre 2020
Silence. Bruissements du jour.
Craquements. Pépiements. Caquètements. Silence.
Lointains mugissements, bourdonnements. Silence.
Vrombissements assourdissants.
Et le Sacré se révèle.
Belle-au-bois-dormant sous la tonnelle,
dont le baiser ardent irradie d’argent autour de lui.
Un tout petit chat ronfle, roulé en boule dans un pot de plante.
Léger ronflement, à peine perceptible – comme un nourrisson.
Il suffit d’un petit ronflement et le grand Cœur du monde s’éveille et frémit.
Le cœur de la planète, de l’Homme, de la Création.
Lentement une fleur sourit, pétales qui s’ouvrent et répandent leurs effluves,
aériennes comme la soie.
Et s’épanouit, à nouveau, l’arôme du Bonheur.
Conspiration au bonheur.
Les bourdons, les abeilles me rasent de près –
adaptent leur trajectoire aux obstacles parsemés dans le jardin,
tels des moteurs de Formule 1.
Le pic épeiche s’en donne à cœur joie.
Repos – ô trêve ! La Terre soupire d’aise.
A tire d’ailes passent les moineaux, passereaux.
Bergeronnettes et fauvettes.
Mésange huppée, pinson, rougequeue, geai.
Et même deux hirondelles printanières qui, pourchassées par les chats, cherchent refuge en ma maison.
Lointains échos de musique assourdis.
Gais pépiements dans l’air altier.
Enfin la délivrance, enfin le ralliement.
Saveurs du soir et air du Temps.
Froissement d’air, frémissement d’aile.
Conversation de l’eau, gargouillements.
Passer le temps sous les sureaux.
Parfums d’enfance et de silence.
Epaisseur de l’instant, texture soyeuse sous le doigt.
Goût du bonheur.
Manque. Sentir le manque.
Se rassurer, avec patience, avec douceur.
Ce n’est pas la fin, ô non ! C’est juste UNE fin.
Une dont on avait besoin.
Long hululement du vent. Appel lointain, impatient.
Lamentement. Soudain murmure insignifiant.
Le Sacré s’en est allé de la Terre des Humains.
Mais dans le matériel il n’y a rien de poétique.
Qui se souvient de l’odeur des premières fleurs de pommier ?
Sous la couche des choses, l’entendement.
Filigrane, graines sous-jacentes.
Des mots, des gestes, des non-dits.
Métamorphoses intimes.
(c) DM