Profession de foi

à Juliette !

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Je suis l’Indomptable

La rebelle aux ailes brisées

La goëlette aux voiles irisées

 

Je suis l’Irréfutable

La Preuve par 6,

La vahiné

Qui de ses jolis pieds va charmer les sirènes

Et chatouiller les Tritons affamés

 

Je suis l’Infatigable

La grande Diseuse de Vérités-qui-fâchent

La redresseuse de torts

La Justice enfin rétablie

Je suis la Révolte

Au front des étudiants

 

Je suis la toute fine

La Grande

La Délaissée

La Belle-au-Bois-Dormant qui attend son baiser

En lisière des rêves agonisés

 

Je suis l’Acharnée

Qui ne recule que pour mieux sauter

Celle qui, point par point ira tisser sa toile

Pour tout englober

 

Je suis la Diane verte au regard sibyllin

A l’ironie fulgurante

Aux flèches fuselées

À la touche d’acier

 

La Vestale de Delphes aux pieds ensanglantés

Qui prédit la débâcle des lâches et des menteurs

La mise au ban des dévoyés

L’avènement certain de l’authenticité

Le retour annoncé de l’antique Splendeur

 

(décembre 2017)

Il était dit

Il était dit que de l’Espoir viendrait la Force, et que de la Force, l’Espoir tirerait ses dernières forces.

Il était dit qu’ils se reconnaîtraient, et que de cette reconnaissance naîtrait un nouvel Être, et que dans les bras l’un de l’autre ils se serreraient, se ressourceraient, se rasséréneraient. Et qu’ils puiseraient ensemble, à nouveau, à la source de Vie.

Il était dit que nul ne s’en apercevrait, à part le chant des oiseaux au petit matin.

Et ainsi vécut le monde jusqu’au jour du Lendemain.

Et ainsi mourut la nuit poursuivant ses chimères.

Et ainsi s’éteignit le feu dévastateur, et les mirages désincarnés perdirent de leur attrait.

Et alors, dans un nouveau monde encore incertain, le cours put attendre son temps, les failles purent s’ouvrir, laissant enfin passer la Lumière.

Il était aussi dit que les lendemains seraient chanteurs …

Raconter

Raconter. Ouvrir la première page comme celle d’un livre et raconter une histoire, son histoire ou l’histoire que l’on porte, comme on la raconterait à ses amis, à ses parents. Se raconter. Y mettre du sien, de la chaleur, de la passion, du cœur, de tout ce qui fait que l’on se sent vibrer. Y mettre de manière généreuse un petit peu beaucoup de soi, c’est s’ouvrir sur le monde, se convaincre que l’on y peut quelque chose, à changer ces ondes autour de soi, à colporter du bonheur, à prescrire un peu de joie, à rencontrer et faire se rencontrer l’humanité. C’est oublier ce moi envahissant qui a peur des autres peur du jugement qui sans cesse se mesure se dépasse se lance des défis et simplement respirer dans l’être soi et faire don de ce soi aux autres.

Voilà comment tout a commencé. Avec quelques propos sur le bonheur, quelques considérations philosophiques. Aller chercher au fond de soi en permanence, se refuser à la médiocrité d’un quotidien « au travers de », en transparence, en surface et sans cesse questionner la paresse de vivre platement.

Rouvrir le flot des émotions de jeunesse, refaire les liens émoussés, relier les ruptures entre elles jusqu’à ce qu’elles ressoudent une perception de soi quelque peu unitaire, apaisée, vaguement unifiée ?